Poésies

 

L’ennemi (Anonyme)

Comme l’esclave qui vit aux pieds de son maître

J’ai longtemps habité avec mon pire ennemi.

Et en ne faisant pas de lui un ami

Il n’a pu devenir mon pire traitre.

Qu’il reste loin, même si suant dans mon lit

Loin de mon île privée

Où se bousculent différentes idées

Idées qui contrarient la vision du monde de l’ennemi

Vision qui se cristallise comme monde réel,

Car c’est lui qui est vainqueur

Jusque dans mes tripes où réside le malheur

De savoir qu’il sera toujours ainsi, il vainc.

Il vainc par ma conscience constante de ses poings

Qui font de moi, agent conscient, marionnette servile.

Mais, seul espoir, de toutes les forcent qui me reste, je garde cette île.

Seul endroit où résonnent les cris et les pleurs

Sans être étourdis par les paroles de mes frères et sœurs

Sombre miracle acoustique

Qui ont fait de lui ma référence unique.

Le seul endroit qui est réellement mien

Qu’il ne peut saisir de ses deux grosses mains

Pour écraser toute dissidence et question.

Le seul endroit où vit l’écosystème qu’il avait prononcé impossible, en voie d’extinction !

Car contre nature, mais voilà que ça vit, que se multiplient espèces et évènements

Naissance, survie, décès, reproduction

Dans toute sa sauvage beauté contre nature

Où couleurs ne s’alignent pas en beauté

Où déchirements, excréments, odeurs sont seuls fioritures.

Loin de l’espace stérile et statique

Où m’avait emprisonné ma référence unique, sadique.

Qu’il reste loin.

Ce n’est pas lui qui me verra dénudée

Même si par moments j’ai hésité

Plutôt que de me laisser suer, protégée

A me laisser déshabiller.

Maintenant il est éloigné

Mais il rôde dans ma vision périphérique

Et mon regard que j’aimerais tourner sur ceux à qui je tiens

Est détourné malgré moi vers ses deux grosses mains.

Je n’ai plus peur, je le dis à quiconque veut l’entendre

Mais par moments, je retrouve sa voix au fond de moi-même

Amplifié, comme mes cris furent étourdis,

Par les paroles des autres, même certains amis.

Femme contrôle toi, hystérique.

Et je sais me contrôler, chaque scène pathétique

Faisant écho à sa voix, presque magnétique

Me rappelant à l’ordre, à la docilité

Mais disons qu’un jour, je serai purifiée

Et je pourrai agrandir cette île privée

Qui au départ était quasi submergée

Et qui maintenant prend forme dans mon champ de vision

Comme un continent où règnera sauvage liberté.

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