De l’ULB, de l’écologie politique et des réformes qui la menacent

Ce lundi 14 octobre se sont déroulés à l’ULB des évènements interpellants, dont la communauté universitaire, à l’exception des groupes et personnes directement impliquées, ne s’est toutefois dans son ensemble que peu préoccupée jusqu’à présent : soucieux de faire passer sans encombre et le plus discrètement possible son projet de ‘réforme de la Gouvernance’ – les ‘consultations’, organisées durant la période d’examen, n’ont abouti à aucune modification du texte – le Conseil d’Administration de l’ULB, sous la menace d’une manifestation visant à empêcher le projet d’être voté et adopté, eut recours à deux procédés dont le caractère douteux, voire illégitime, en dit long sur leur volonté de faire passer en force ledit projet. La fuite, d’abord, vers un lieu alors tenu secret; la répression, ensuite, lorsqu’un groupe d’étudiant=e=s tenta de les en empêcher – l’intervention policière, disproportionnée, faisant plusieurs blessé=e=s. Hier soir, une manifestation se déroulait place Royale pour empêcher une nouvelle fois ce vote en comité restreint d’avoir lieu.

A cette occasion, le Cercle Féministe de l’ULB (CFULB) aimerait apporter son soutien à ce mouvement d’opposition à un projet de réforme qui nous apparaît, au mieux, douteux. Déjà concerné=e=s par la persistance du caractère non-paritaire des structures administratives de l’ULB, nous avons toutes les raisons de nous inquiéter de mesures qui pourraient menacer leur nature démocratique. La fragmentation de la représentation étudiante entre deux conseils différents et l’esprit très néo-libéral du projet nous paraissent procéder d’une tendance plus générale visant à l’intégration de l’université dans une économie de la connaissance où la place d’un établissement dans un système de ranking a plus d’importance que sa bonne santé démocratique, sa politique sociale ou son potentiel d’innovation intellectuelle – avec, comme corollaire obligatoire, l’établissement du rectorat comme centre de pouvoir gestionnaire et paternaliste. En outre, nous sommes indigné=e=s par le comportement des autorités de l’ULB dans la gestion de ce qui aurait pu être un véritable moment de concertation impliquant les principaux acteurs concernés et qui s’est transformé en déni de démocratie. Leurs manœuvres détournées pour faire passer un projet impopulaire (une pétition s’y opposant a recueilli près de 2000 signatures) au mépris de toute forme de décence sonne comme un aveu de faiblesse et nous conduit à nous interroger sur la légitimité de ceux qui prétendent parler en notre nom et œuvrer en notre intérêt. Issu=e=s de bien des milieux et tendance politiques différentes, nous nous opposons certes à toute forme de radicalisation inutile – mais nous nous accordons sur le fait que l’autoritarisme qui a conduit à cette prise de décision quasiment unilatérale doit être déconstruit et contesté.

Nous invitons toute personne soucieuse de l’avenir de cette université et des institutions qui la composent à s’informer sur la situation présente, à s’interroger et à manifester leur désaccord avec les décisions du CA si, comme nous, il=elle les juge en contradiction avec les idéaux qui sont censés l’avoir toujours inspirée.

Le CFULB.

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One thought on “De l’ULB, de l’écologie politique et des réformes qui la menacent

  1. Cette réplique vient un peu tard. Le fait que les gens ne s’y intéressent que depuis l’incident de lundi montre que tout le monde s’en fout de la gouvernance de l’ULB, le projet de réformer existant déjà depuis 2 ans. Et puis, le point qui suscite le plus de revendication par la COMAC c’est celui de la représentation étudiante qui se voit réduite tout en gardant son taux de vote de 20%. Lorsque les étudiants avaient leurs 12 places lors du conseil, elles n’étaient jamais remplies, parce que même les représentants ne prenaient pas la chose au sérieux et n’allaient pas aux conseils. Lors des 2 assemblées, les étudiants auront désormais droit à 4 places pour l’une et 6 places pour l’autre, et si cela continu comme c’était le cas jusqu’alors, l’entièreté de ces places ne sera pas occupée. Qu’on ne vienne donc aujourd’hui pas pleurer des fausses larmes d’intérêt et de démocratie.

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